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Mis à jour le 16/06/2020

PROTECTION CROISÉE

  • Les vaccins BCG ou rougeole sont-ils efficaces contre la COVID-19 ? [1],[2],[3]

    Une hypothèse suggère un rôle protecteur du vaccin BCG et peut être des autres vaccins vivants.
    Des études épidémiologiques ont montré de façon intéressante une corrélation entre taux de vaccination au BCG et taux de morbi/mortalité de la COVID-19. Si la majorité de ces études vont dans le même sens, elles ne permettent pas de conclure à une relation de causalité car elles restent soumises à d’importants biais, en particulier sur les différences de niveau de vie et de politique de santé entre les pays à fort et à faible taux de vaccination, ainsi que des différences dans l’ampleur et la gestion de l’épidémie (mesures de distanciation sociales, tests diagnostiques…).
    Cependant, le BCG a démontré auparavant chez les enfants un effet protecteur non spécifique contre certaines infections dont les infections respiratoires (virus respiratoire syncytial, virus de la grippe A). Il pourrait ainsi permettre de diminuer l’importance de l’infection au virus SARS-CoV-2 en stimulant la mémoire de l’immunité innée, première immunité à entrer en jeu face à une infection, et en induisant une « immunité innée entraînée ». Les autres vaccins vivants comme le vaccin contre la rougeole ou le vaccin oral contre la polio auraient aussi des effets bénéfiques non spécifiques sur certaines infections.
    A ce jour, aucune donnée ne permet de recommander une vaccination par BCG ou autre vaccin vivant pour se protéger de la COVID-19. Il est nécessaire d’explorer cette piste au sein d’essais cliniques rigoureux pour établir un lien de causalité.
    Des essais cliniques évaluant l’efficacité du vaccin BCG contre la COVID-19 chez les personnes à haut risque d’exposition (personnel soignant notamment) sont actuellement lancées aux Pays bas et en Australie ; et en cours de préparation au Danemark, aux USA, en France, en Uruguay et en Afrique du Sud.

RECHERCHE

  • Si les patients infectés ne s’avéraient pas bien immunisés contre le virus, comment un vaccin pourrait-il le faire ? Qu’en-est-il de l’immunisation des patients infectés ? [1],[4],[5],[6],[7],[8],[9],[10]

    En l’état actuel des connaissances, il est difficile de dire si le fait d’avoir été infecté par le SARS-COV 2 signifie automatiquement que l’on est immunisé, et le cas échéant, pour combien de temps.
    Plusieurs types de mécanismes interviennent au cours de la réponse immunitaire comme les cellules de l'immunité innée, les cellules de l’immunité adaptative et les médiateurs.

    Ce que l’on sait à ce jour, c’est que l’infection par le SARS-CoV-2 semble entraîner une réponse immunitaire innée, non spécifique, au cours de laquelle les macrophages et les neutrophiles interviennent et produisent des cytokines pro-inflammatoires. Elle permet dans la plupart des cas de ralentir la progression du virus et peut même éviter l’apparition de symptômes. Cette réponse est suivie par l’activation de lymphocytes T capables de reconnaître et de détruire les cellules infectées ; et de lymphocytes B producteurs d’anticorps qui se lient spécifiquement au virus. Ces anticorps se développent dans les jours à semaines (augmentation au cours des 2 à 3 semaines) suivant l'apparition des symptômes chez les patients les plus infectés.
    Cependant, on ne dispose pas de données suffisantes sur l’efficacité de l’immunité humorale (soit la protection par les anticorps) :

    • Des études montrent que les sujets qui ont guéri de l’infection possèdent des anticorps contre le virus. Toutefois, chez certains d’entre eux, les concentrations sanguines d’anticorps neutralisants sont très faibles ou indétectables, ce qui semble indiquer que l’immunité cellulaire peut aussi être essentielle à la guérison. La relation entre la réponse humorale et l’amélioration clinique n’est pas claire : Des titres élevés en anticorps n’ont pas toujours été corrélés avec l’amélioration clinique.
    •  Les anticorps produits ne sont pas tous neutralisants : certains anticorps peuvent se fixer sur les virus sans les neutraliser et pourraient faciliter leur entrée dans les cellules au lieu de les bloquer, ce qui risque d’augmenter la sévérité de la COVID-19.
    • La durée de protection des anticorps neutralisants du SARS-CoV-2 reste à définir. En effet, leur persistance jusqu'à 40 jours après l'apparition des symptômes a été décrite, mais le recul par rapport au début de l’épidémie est encore insuffisant pour estimer précisément la durée de l’immunité. Dans ce contexte, ce que l’on connait des autres coronavirus humains est que les anticorps neutralisants ont persisté pendant 2-3 ans pour le SARS-CoV-1, et pendant plus de 34 mois pour le MERS-CoV.
    • A ce jour, si aucune réinfection humaine avec le SARS-CoV-2 n'a été confirmée, les données actuelles ne permettent pas de déterminer si la présence d’anticorps contre le SARS-CoV-2 confère une immunité protectrice en cas de réinfection par le virus chez des patients ayant guéri de la COVID-19.

    Enfin, il est vrai que si l’immunité naturelle est insuffisante on peut prévoir des difficultés de mise au point des vaccins mais pas une impossibilité. Certaines maladies ne sont pas du tout immunisantes : par exemple, l’infection par l’agent du tétanos ne confère aucune immunité naturelle après infection (pas de production d’anticorps) contrairement aux vaccins antitétaniques qui induisent une immunité protectrice.

Références

  1. Infovac. Diaporama Spécial Pandémie COVID-19. 1er juin 202 - Disponible sur www.infovac.fr  - Consulté le 02/06/2020
  2. Inserm. Le vaccin BCG pour combattre le Covid-19, vraiment? 1er avril 2020 - Disponible sur www.presse.inserm.fr - Consulté le 02/06/2020
  3. O’Neill LAJ, Netea MG. BCG- induced trained immunity: can it offer protection against COVID-19 ? Disponbiel sur www.nature.com - Consulté le 02/06/2020
  4. Inserm. Quelle immunité après une infection par le SARS-CoV-2 ? 17 avril 2020 - Disponible sur www.presse.inserm.fr - Consulté le 02/06/2020
  5. Akdis CA et al. Type 2 immunity in the skin and lungs. Allergy 2020;00 :1-24 - Disponible sur www.onlinelibrary.wiley.com - Consulté le 02/06/2020
  6. OMS. Les « passeports d’immunité » dans le cadre de la COVID-19. 24 avril 2020 - Disponible sur www.apps.who.int - Consulté le 02/06/2020
  7. Prompetchara E et al. Immune responses in COVID-19 and potential vaccines:Lessons learned from SARS and MERS epidemic. Asian Pac J Allergy Immunol 2020;38:1-9. Disponible sur www.apjai-journal.org - Consulté le 02/06/2020
  8. Iwasaki A, Yang Y. The potential danger of suboptimal antibody responses in COVID-19. Nature Reviews-Immunology. Disponible sur www.nature.com - Consulté le 02/06/2020
  9. VaccinClic. Immunité naturelle versus vaccinale. www.vaccinclic.com - Consulté le 02/06/2020
  10. Santé Publique France - Tétanos. Mis à jour le 17 juin 2019. Disponible sur www.santepubliquefrance.fr - Consulté le 02/06/2020