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RAGE

Rage

La rage est une encéphalite virale systématiquement mortelle chez l’Homme lorsqu’un traitement n’est pas instauré avant le début des symptômes. Due à l’infection par des Lyssavirus, la maladie est décrite depuis l’Antiquité et reste d’actualité dans de nombreux pays. On estime que 60 000 personnes décèdent de la rage dans le monde chaque année 1.

  • Epidémiologie
    • La rage est responsable d’environ 60 000 décès annuels dans le monde, principalement en Asie et en Afrique, le plus souvent suite à une morsure par un chien enragé. Chaque année, environ 17 millions de personnes reçoivent un traitement après exposition à des animaux chez lesquels on soupçonne la rage. Les enfants de moins de 15 ans représentent 40 % des personnes mordues par un animal pour lequel il existe une suspicion de rage.
    • Aucun cas de rage humaine acquise sur le territoire français métropolitain n’a été rapporté depuis 1924. En 2008, un cas humain a été rapporté en Guyane probablement suite à une morsure de chauve-souris. Des cas humains acquis hors du territoire français et diagnostiqués en France ont été aussi recensés. Le dernier patient mort de rage en France (un enfant âgé de 10 ans, dans la région lyonnaise) a été diagnostiqué en octobre 2017, après avoir présenté les premiers signes cliniques, à la suite d’un séjour prolongé au Sri Lanka. Cet enfant n’avait pas été vacciné contre la rage.
  • Transmission
    • Le virus de la rage (genre Lyssavirus) est présent dans la salive de l’animal (chien, animal sauvage...) en fin de maladie. La transmission survient le plus souvent après la morsure par un animal contaminé, par griffure ou encore léchage sur la peau excoriée ou sur une muqueuse.
    • Les chiens représentent jusqu’à 99 % des cas de transmission à l’homme.
  • Symptômes
    • Chez l’Homme, la rage a une incubation moyenne de 20 à 60 jours.
    • La rage se présente cliniquement comme une encéphalite : fièvre, troubles inconstants du comportement, parfois déficits moteurs, convulsions, coma. Deux signes fortement évocateurs sont décrits : aérophobie (intolérance à la sensation de courant d’air) et hydrophobie (répulsion vis-à-vis de l’eau, qui est en fait un spasme du larynx qui empêche la déglutition). Ces signes sont très inconstants.
    • La maladie progresse inéluctablement vers le décès dans un tableau de coma associé à une défaillance multi viscérale.
  • Traitement
    • Il n’existe aucun traitement efficace contre la rage une fois les symptômes présents et la maladie est systématiquement fatale en l’absence de traitement post-exposition administré avant le début des signes.
    • Le traitement préventif de la rage suite à une exposition commence par un traitement non spécifique : nettoyage des plaies, antisepsie (une antibiothérapie et un contrôle de l’immunité antitétanique sont également recommandés suite à une morsure). La prophylaxie post-exposition en elle-même, comprend une vaccination, accompagnée d'une sérothérapie antirabique dans certains cas. Le traitement doit être effectué le plus rapidement possible après exposition, avant l’apparition des premiers symptômes qui signe une évolution inexorablement fatale. En l’absence de vaccination avant exposition au virus, cette prophylaxie consiste en 4 ou 5 injections intramusculaires de vaccin réparties sur un mois et elle est bien tolérée. Dans de plus en plus de pays (endémiques), la voie intradermale est considérée bioéquivalente.
    En post-exposition, la prescription et le traitement vaccinal ne peuvent être réalisés que par un médecin d’un Centre ou d'une antenne antirabique. 
  • Vaccination
    • La prévention de la rage humaine repose sur les recommandations aux voyageurs pour l’évitement des contacts à risque, et sur l’utilisation des vaccins et immunoglobulines. Il doit être recommandé aux voyageurs se rendant en zone à risque d’éviter tout contact direct avec des animaux, y compris des animaux au comportement en apparence normal. En effet, il existe chez les carnivores une excrétion du virus dans la salive avant l’apparition des symptômes, d’une durée d’environ 2 semaines, qui représente un risque majeur de contamination pour l’Homme.
    • La vaccination préventive contre la rage est recommandée pour les voyageurs se rendant dans une zone à risque sans accès facile à des structures de soins, aux biologistes manipulant des Lyssavirus et aux personnes en contact fréquent avec des chauves-souris (cf. le calendrier des vaccinations 2019 et les recommandations sanitaires pour les voyageurs 2019).
    • La vaccination préventive ne dispense pas d’un traitement curatif (deux injections de rappel à J0 et J3), qui doit être mis en oeuvre le plus tôt possible en cas d’exposition avérée ou suspectée, mais elle simplifie le traitement et dispense du recours aux immunoglobulines qui ne sont pas toujours disponibles dans les pays en développement. En pré-exposition, la vaccination peut être réalisée dans un Centre Antirabique, un Centre de vaccinations internationales ou par un médecin de ville.
  • La rage est présente sur tous les continents sauf l’Antarctique mais plus de 95 % des cas humains mortels surviennent en Asie et en Afrique.

Rage, pays ou territoires à risque 6

Méningites et septicémies à méningocoque, pays ou territoires à hauts risques

Adapté de Rage, pays ou territoires à risque ; OMS 2012

EN SAVOIR PLUS

  • « Préparer son voyage », site internet de l’Institut Pasteur www.pasteur.fr/

Références

  1. Santé publique France. Rage. http://invs.santepubliquefrance.fr (consulté le 15.05.2018)
  2. Institut Pasteur. Rage. http://www.pasteur.fr (consulté le 15.05.2018)
  3. Organisation mondiale de la Santé. Rage. http://who.int/fr (consulté le 15.05.2018)
  4. BEH Hors-série. Recommandations sanitaires pour les voyageurs, 2019. http://invs.santepubliquefrance.fr/Publications-et-outils/BEH-Bulletin-epidemiologique-hebdomadaire/Archives/2019/BEH-hors-serie-Recommandations-sanitaires-pour-les-voyageurs-2019 (consulté le 28 juin 2019).
  5. Ministère des Solidarités et de la Santé. Le calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2019. Rage. http://solidarites-sante.gouv.fr (consulté le 19.03.2019)
  6. Organisation mondiale de la Santé 2012. Rage, pays ou territoires à risque. https://www.who.int